• Les Nostalgiques - 2

                                                                                                                                                                   La Foi

    Un monde étrange

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  • Commentaires

    1
    Mardi 16 Février 2016 à 06:46

    elle date de quand cette photo ?

      • Mardi 16 Février 2016 à 09:18

        Déjà publiée sur Over-blog. C'était il y a quelques années, 3 ou 4 je pense mais cette procession a lieu chaque année autour de ND. Pour cette année on verra ce que décident les autorités.

      • Mardi 16 Février 2016 à 09:53

        Hébé, ça faisait un moment que je n'avais pas vu de croix de procession!

    2
    Mardi 16 Février 2016 à 10:03

    J’ai perdu la foi !

    Éveille dès potron-minet  je dépliai mon autel portatif, récitai deux ‘’Avé’’ et Trois ‘’Pater’’, conclus par un signe de la croix au nom de tous. Un café rapidement avalé, avec une pensée charitable pour tous ceux qui en sont privés, j’enfourchai mon scooter. C’est que nous sommes en juillet,  période des prunes.

    En montant vers Pouvourville, le chemin du vallon longe une ancienne maison de Maitre, actuelle résidence des ‘’Petites Sœurs des Pauvres’’.  Ces braves religieuses dont la vie est dévouée à Dieu, dans la prière et le secours aux plus démunis, possédaient dans la haie de leur résidence un prunier généreux grand pourvoyeur de mirabelles, sans doute en raison de la proximité du Seigneur. Chaque année j’y faisais, à pareille époque, un pèlerinage sincère, à genoux, le nez vers le sol, la main cueilleuse des baies miraculeuses. En temps ordinaire j’en faisais des confitures, mais il m’arrivait de céder à la tentation.  Malgré les interdits civils et religieux, je transformais par l’opération du Saint Esprit, la matière solide en matière liquide suractivée. Les taxes de Dieu, un acte de contrition tout au plus,  sont moins lourdes que celles du fisc.

    Stupeur !  Si la haie était toujours là, le prunier avait disparu ! 

    Comment cela se pouvait-il ? Impossible d’imaginer que les Sœurs, dont la vie était dévouée à leur prochain, avaient pu supprimer l’arbre nourricier. Y avait il eut là quelques maléfices ? Je garai mon scooter et m’approchai de la haie m’attendant à sentir quelques odeurs méphitiques. A tout hasard je me signai. Explorant l’épaisseur de la végétation je découvris un moignon de tronc, sèchement sectionné, par la grande faucheuse certainement. Par ces temps où la sécurité devient l’Alpha et l’Oméga de nos sociétés aurait-on coupé cet arbre pour éviter que les fruits ne provoquent quelques malencontreuses glissades, droit en enfer, puisque dépourvue d’Extrême Onction ?

    Pourtant cet arbre était notre olivier à nous, pauvres hères, qui comptions sur lui pour agrémenter des petits déjeuners à la confiture de prunes, des desserts aux tartes aux prunes, des compotes aux prunes… seul le souvenir à présent nous faisait saliver. Sans doute le souci de sécurité à court terme avait-il fait place à la gourmandise à long terme. Dans le but de sauver nos âmes du péché afférant ? Si le Christ n’avait pas hésité à multiplier les pains, les Sœurs avaient soustrait les prunes !

    Je sentis 2 petites cornes pousser sous l’os frontal, cependant qu’une queue fourchue émergeait à l’arrière. Enfourchant mon scooter comme d’autres enfourchent leur balai, je revins chez moi en ruminant de sombre pensées ! La foi soulève les montagnes, moi, je ne voyais plus que de petites collines.

    J’avais perdu la Foi       

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